Éco-PTZ et location : les propriétaires bailleurs peuvent-ils financer leur rénovation énergétique ?

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être mis en location pour de nouveaux baux. Et ce n’est qu’une première étape : les logements F devraient suivre en 2028. Face à cette pression réglementaire croissante, les propriétaires bailleurs cherchent des leviers concrets pour financer leurs travaux de rénovation sans alourdir leur trésorerie. L’éco-prêt à taux zéro est l’un d’eux.

Un prêt sans intérêts, ouvert aux bailleurs sans condition de revenus

L’éco PTZ s’adresse aussi bien aux propriétaires occupants qu’aux propriétaires bailleurs. Contrairement à MaPrimeRénov’, il ne soumet à aucun plafond de ressources : peu importe le niveau de revenus du bailleur, le dispositif reste accessible, à condition que le logement ait plus de deux ans d’ancienneté à la date de début des travaux.

Le montant empruntable varie selon l’ampleur du chantier : 15 000 € pour une seule action de rénovation (7 000 € si elle se limite au remplacement des fenêtres), et jusqu’à 50 000 € pour un bouquet de travaux ou une rénovation globale permettant un gain d’au moins deux classes au DPE. En 2026, une simplification notable a été actée : les conditions techniques des travaux financés par l’éco-PTZ sont désormais harmonisées avec celles de MaPrimeRénov’ et de la TVA à 5,5 %, ce qui facilite le montage des dossiers quand plusieurs aides sont combinées.

Parmi les travaux éligibles : isolation des murs, de la toiture ou des planchers bas, remplacement du système de chauffage (hors fioul), installation d’une pompe à chaleur, d’un chauffe-eau thermodynamique ou d’une VMC double flux. Tous les travaux doivent être réalisés par un artisan certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), sans quoi le dossier est automatiquement rejeté.

Combiner les aides pour maximiser le financement

L’éco-PTZ n’exclut pas les autres dispositifs. Il se cumule avec MaPrimeRénov’ (pour les logements loués depuis plus de 15 ans et occupés comme résidence principale), les Certificats d’Économies d’Énergie, la TVA réduite à 5,5 % sur les travaux, et éventuellement le dispositif Loc’Avantages de l’ANAH, accessible jusqu’au 31 décembre 2027 sous conditions de loyer plafonné. Des aides régionales ou locales peuvent s’y ajouter selon les territoires.

Quelques points pratiques méritent attention. Le prêt n’est pas distribué par toutes les banques : il faut s’adresser à un établissement ayant signé une convention avec l’État. Les travaux doivent être engagés dans un délai de trois ans après l’obtention du prêt. Et comme le taux est nul, il n’y a pas d’intérêts déductibles à déclarer en revenus fonciers, ce qui peut nuancer l’intérêt fiscal de l’opération selon le régime d’imposition choisi.

Pour un bailleur qui possède un logement F ou G, attendre n’est plus vraiment une option. Entre le gel des loyers en vigueur depuis 2022 pour ces classes, l’interdiction déjà effective pour les G et celle annoncée pour les F, la rénovation devient autant une obligation légale qu’un investissement dans la valeur du bien. Simuler le montant de l’éco-PTZ, identifier un artisan RGE et rapprocher le dossier d’une banque habilitée : voilà un point de départ concret. Pour aller plus loin sur la stratégie d’investissement locatif, cette section dédiée donne d’autres repères utiles.

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