DPE 2026 et audit énergétique : ce que les acheteurs doivent vraiment savoir

Depuis le 1er janvier 2026, les règles de calcul du DPE ont changé, et les conséquences sont loin d’être anecdotiques pour ceux qui achètent ou vendent un bien immobilier. Un simple ajustement de coefficient suffit à faire bouger l’étiquette énergétique de milliers de logements, sans qu’un seul radiateur ait été remplacé. Comprendre ce que cela implique concrètement, c’est éviter de mauvaises surprises au moment de signer.

Un coefficient qui change tout (ou presque)

Le changement central de la réforme 2026 porte sur le coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire : il passe de 2,3 à 1,9. Résultat : les logements chauffés à l’électricité affichent mécaniquement une consommation plus faible sur leur DPE, sans aucune modification réelle. Environ 850 000 logements sortent ainsi du statut de passoire thermique grâce à ce seul ajustement.

Pour les DPE réalisés depuis juillet 2021, la mise à jour est automatique et gratuite : l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME recalcule la classe à partir du numéro figurant sur le rapport existant. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’audit énergétique et l’attestation ADEME téléchargeable en ligne, qui possède une valeur légale pour louer ou vendre. En revanche, les DPE antérieurs à juillet 2021 ne sont pas concernés : un nouveau diagnostic reste obligatoire, aux frais du propriétaire.

Un point à garder en tête : ce reclassement administratif ne dispense pas des travaux. Un logement passé de G à F grâce au nouveau coefficient reste soumis à l’interdiction de location prévue pour les F en 2028. L’étiquette change, les obligations futures, elles, restent en place.

L’audit énergétique, bien plus qu’une formalité

Si votre projet porte sur un bien classé F ou G, l’audit énergétique est obligatoire depuis le 1er avril 2023 : il doit être remis dès la première visite, annexé à la promesse de vente. Contrairement au DPE, il va bien au-delà d’une simple étiquette : état thermique complet du bâtiment, deux scénarios de travaux chiffrés, estimation des aides mobilisables, projection sur la classe finale après rénovation. Son coût se situe généralement entre 700 et 1 200 euros, et il est éligible à MaPrimeRénov’.

Pour un acheteur, ce document est précieux. Il permet d’évaluer l’ampleur réelle des travaux à prévoir — entre 25 000 et 40 000 euros pour un gain d’une classe sur 100 m², et jusqu’à 90 000 euros pour atteindre la classe B ou C — et de négocier le prix en conséquence. L’audit est également la porte d’entrée obligatoire pour accéder à MaPrimeRénov’ Ampleur, dès lors que le projet vise un gain d’au moins deux classes énergétiques. Sa validité est de cinq ans, à condition qu’il soit réalisé par un professionnel certifié RGE audit.

Ce que cela change pour votre projet d’achat

Acheter un logement énergivore en 2026 demande davantage d’anticipation qu’avant. Avant de signer, vérifiez que le DPE présenté est bien à jour (ou accompagné de l’attestation ADEME si applicable), et que l’audit énergétique figure bien au dossier pour les biens F ou G. Les notaires recommandent de planifier les travaux dès l’offre d’achat, en intégrant les aides disponibles dans le calcul global du projet. 

La réforme de 2026 simplifie la situation de nombreux propriétaires, mais elle ne reporte pas indéfiniment les arbitrages : pour un bien F, l’échéance de 2028 approche, et mieux vaut l’intégrer dans la négociation dès aujourd’hui.

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