2,1 millions de logements vacants en France, et les chiffres continuent de grimper. Derrière cette statistique, une question obsédante : comment l’État encadre-t-il la fiscalité de ces biens vides, mais aussi celle des locations meublées, saisonnières ou classiques ? Les règles, loin d’être anodines, peuvent bouleverser la rentabilité d’un investissement immobilier, et parfois piéger les propriétaires inattentifs.
Location meublée, saisonnière ou classique : qui doit s’acquitter de la taxe d’habitation ?
Depuis 2023, la taxe d’habitation s’est effacée pour les résidences principales. Mais elle continue de peser sur les épaules des détenteurs de résidences secondaires et de certains propriétaires en location meublée. Tout dépend du mode de location choisi, et surtout de l’occupation effective du logement.
Dans le cas d’une location meublée non professionnelle (LMNP), le locataire devient généralement celui qui doit payer la taxe d’habitation, à condition d’être dans le logement au 1er janvier. Mais les choses se corsent si le bien reste vide ou s’il est exploité en saisonnière sur des plateformes comme Airbnb, Abritel ou Booking.com. L’administration fiscale, en l’absence d’un locataire clairement désigné, peut alors se tourner vers le propriétaire.
Pour bien distinguer les différents cas, voici ce qu’il faut retenir :
- En location classique, la règle est simple : le locataire règle la taxe s’il occupe le logement au 1er janvier.
- En location meublée saisonnière, sans occupant permanent, le propriétaire reste fréquemment redevable.
- En gestion via une conciergerie ou un mandat, tout dépend du contrat signé et de la réalité de l’occupation au 1er janvier.
Un autre volet fiscal entre parfois en jeu : la cotisation foncière des entreprises (CFE). Même sans inscription au registre du commerce, les propriétaires engageant une activité régulière de location meublée peuvent y être soumis. Multiplier les séjours sur Airbnb ou d’autres plateformes expose à un empilement de taxes locales : taxe d’habitation sur résidence secondaire, CFE, taxe de séjour… La note grimpe vite, et mieux vaut connaître le cadre précis pour éviter les déconvenues.
Déterminer la nature du bien, résidence principale ou secondaire, location saisonnière, s’avère décisif. Chaque 1er janvier, il faut faire le point sur l’occupation réelle et le statut fiscal : la différence sur la feuille d’impôt n’est jamais anodine.
Logement vacant : quelles conséquences fiscales pour les propriétaires et le marché locatif ?
La taxe sur les logements vacants (TLV) cible directement les biens inoccupés depuis plus d’un an dans les zones tendues. Un décret récent a élargi le dispositif, qui touche désormais plus de 3 000 communes où la demande locative s’affole. Résultat : un propriétaire qui laisse filer le temps sans louer se retrouve rapidement confronté à une pression fiscale redoutable.
Voici comment se décline la sanction financière :
- La première année, la taxe atteint 17 % de la valeur locative.
- Dès la deuxième année, elle grimpe à 34 %.
Les services fiscaux, de leur côté, croisent les informations des collectivités et multiplient les contrôles pour éviter les failles et les tentatives de contournement. Laisser un logement vide ne se limite donc plus à renoncer à un loyer : c’est aussi subir une ponction fiscale supplémentaire, qui vient réduire d’autant le rendement de l’investissement. Dans les zones hors TLV, la taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV) prend le relais, avec un taux moins élevé mais une logique identique.
Le marché locatif, sous cette pression, évolue vite. Certains bailleurs préfèrent céder leur bien ou le basculer en location saisonnière, échappant alors à la TLV. D’autres accélèrent les démarches pour remettre le logement en location. Ces choix modifient l’offre disponible, créant parfois des déséquilibres locaux. La vacance, autrefois tolérée, devient aujourd’hui un marqueur fiscal et social, scruté par l’Anah et les collectivités. Un signal que nul propriétaire ne peut plus se permettre d’ignorer.

