En 2023, plusieurs SCPI ont vu leur prix de part reculer, entraînant une baisse de la valeur des investissements pour certains associés. Malgré leur réputation de stabilité, ces véhicules financiers ne garantissent ni le capital investi, ni la régularité des revenus distribués.
Les baisses de valorisation, les longues périodes sans locataire ou les loyers qui n’entrent plus, tout cela pèse sur le rendement effectif. Liquider une part de SCPI n’a rien d’automatique : il arrive que la revente se fasse sous le prix d’achat. La possibilité de perdre de l’argent, bien réelle, guette chaque associé.
SCPI : un placement sans risque ? Démêler le vrai du faux
La SCPI jouit d’une image rassurante, à mi-chemin entre la solidité de l’immobilier et la souplesse de la finance. Pourtant, il serait naïf d’y voir une valeur refuge dénuée de toute incertitude. Les initiés le savent : investir dans le marché immobilier revient à accepter ses cycles, ses à-coups, ses périodes de flottement et de reprise. La vacance, la conjoncture ou la sélection des biens ne laissent jamais les investisseurs complètement à l’abri.
Voyons comment cela fonctionne : la société civile de placement immobilier collecte des fonds, achète des immeubles, perçoit des revenus locatifs, puis redistribue un rendement à ses associés. Mais la valeur des parts SCPI varie au fil des années, portée par la gestion, le taux d’occupation et le marché en général. Quand tout va bien, les rendements sont honorables. En période de turbulence, la baisse de la valeur des parts ou du revenu n’est pas rare.
Voici ce qu’il faut garder en tête avant d’acheter des parts :
- Rendement passé : il ne préjuge en rien de ce que réserve l’avenir.
- Risque de liquidité : la revente dépend du marché secondaire, pas d’un simple clic.
- Fiscalité : les revenus issus d’une SCPI sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, ce qui influe sur le rendement net.
Le rôle de la société de gestion est déterminant. Sa capacité à sélectionner, arbitrer, gérer les locataires et anticiper les cycles du marché fait toute la différence. La SCPI mutualise le risque, certes, mais reste exposée aux mêmes réalités que tout placement immobilier : la perte en capital n’est jamais complètement écartée.
Quels sont les principaux facteurs de perte en SCPI ?
Le risque de perte en SCPI n’a rien d’hypothétique. Plusieurs éléments, souvent imbriqués, influent sur la performance et la sécurité de l’investissement. Le premier : les fluctuations du marché immobilier. Si le climat économique se dégrade, si la valeur des actifs recule ou si le secteur tertiaire cale, le prix des parts SCPI recule à son tour. Le patrimoine des sociétés civiles de placement suit cette tendance et sa valorisation peut s’éroder.
Autre point de vigilance : le taux d’occupation financier. Un immeuble vide ou des loyers non perçus, et la distribution diminue. Même un léger creux dans le taux d’occupation impacte le taux de distribution. La gestion locative et le choix des biens sont donc cruciaux pour maintenir un niveau de TOF (taux d’occupation financier) satisfaisant.
Quant à la liquidité, elle n’a rien d’une formalité. Vendre ses parts de SCPI peut prendre du temps, surtout si le marché secondaire manque de dynamisme. Les frais de souscription ou de sortie, sans oublier la fiscalité, grignotent la performance brute. Le risque de vendre à perte devient tangible, notamment lors d’une cession précipitée ou en cas de marché immobilier atone.
Voici les principaux points à surveiller pour mesurer les risques concrets :
- Prix des parts SCPI : évolue en fonction du marché immobilier.
- Taux d’occupation financier : indispensable pour préserver la rentabilité.
- Risque de liquidité : incertitude et lenteur au moment de la revente.
Il est donc nécessaire d’analyser ces facteurs avant d’engager des fonds. Même une gestion professionnelle ne fait pas disparaître le risque de perte en capital.
Face à une baisse de valeur, comment réagir concrètement ?
Voir le prix des parts SCPI baisser n’a rien d’exceptionnel : un marché chahuté, une conjoncture défavorable, et la correction s’impose. La tentation de vendre aussitôt peut surgir. Pourtant, la patience s’avère souvent payante. La SCPI s’envisage sur le long terme. Les corrections, lorsqu’elles surviennent, se dissipent parfois sur plusieurs années.
Aussi, mieux vaut prendre du recul : quel est votre horizon ? Dans quel état se trouve la société de gestion ? Le taux d’occupation financier reste-t-il solide ? Ces questions doivent guider votre choix.
La revente sur le marché secondaire réserve parfois des surprises. Le nombre d’acheteurs varie, surtout en période de stress. Accepter une décote peut alors devenir la seule issue, avec à la clef un risque de perte en capital. Avant tout arbitrage, un conseiller en gestion de patrimoine peut apporter une vision d’ensemble, en tenant compte de votre situation et des options fiscales disponibles.
Si votre portefeuille souffre d’un excès de SCPI, envisagez une diversification progressive plutôt qu’un retrait brutal. Cette approche protège la performance globale sur la durée. La gestion professionnelle a pour but de lisser les secousses du marché, mais ne peut éliminer totalement le risque de perte.
Investir en connaissance de cause : les bonnes pratiques pour limiter les risques
Avant d’investir, prenez le temps d’évaluer la qualité de la société de gestion. Privilégiez une équipe aguerrie, avec des antécédents solides et une réelle capacité à traverser les cycles immobiliers. Cette compétence professionnelle pèse lourd lorsqu’il s’agit d’atténuer les effets d’un marché imprévisible.
Un principe fait loi : diversifier. Évitez de concentrer tout votre capital sur une seule SCPI ou un seul type d’actif. Variez les zones géographiques, croisez bureaux, commerces, santé ou logistique. Cette stratégie limite l’impact d’un retournement localisé ou sectoriel.
Pour affiner votre analyse, portez votre attention sur les indicateurs suivants :
- Le taux d’occupation financier : il renseigne sur la capacité de la SCPI à verser des revenus réguliers.
- La politique de distribution et le taux de distribution sur plusieurs années : ces données offrent une lecture sur la constance du rendement.
La fiscalité mérite d’être anticipée. Les revenus issus des SCPI sont imposés au barème de l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Une détention via l’assurance vie modifie ce cadre et peut offrir un traitement plus favorable. N’oubliez pas non plus le volet IFI pour les patrimoines concernés.
Faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine permet d’ajuster le placement à votre profil et à votre horizon. L’effet de levier du crédit immobilier peut booster la performance, mais accroît aussi les risques si le marché se retourne.
En SCPI, l’équilibre entre rendement et risque se joue dans la durée, la méthode et la lucidité. Un placement qui ressemble plus à un marathon qu’à un sprint : la différence se fait sur la capacité à tenir le cap, même quand la météo se gâte.


